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Chronologie de l'histoire du Tibet : VIIe-XXIe siècle

Voici la Chronologie réalisée par Katia Buffetrille, anthropologue et tibétologue auteure de L’âge d’or du Tibet: XVIIe et XVIIIe siècles. Les Belles LETTRES, 2019.

618-907 : Dynastie des Tang en Chine

Première diffusion du bouddhisme (ngadar)

617-649/650 : Règne de Songtsen Gampo qui vainc puis rallie à son pouvoir de nombreux royaumes indépendants dont le Zhang-Zhung à l’ouest. Son autorité est respectée sur un immense territoire. Il épouse, entre autres, Wencheng, une princesse Tang. Sous son règne un alphabet tibétain est créé à partir d’une écriture de l’Inde du nord, un code de lois est promulgué, et selon la tradition, plusieurs temples sont construits dont celui du Jokhang et Ramoché à Lhasa. Il est reconnu comme le premier « roi selon la Loi », (c’est-à-dire le dharma bouddhique). On entre dans la période que les Tibétains appellent la « première diffusion du bouddhisme ».

 Le Jokhang Lhasa. Katia Buffetrille. 1989Le Jokhang, Lhasa. ©Katia Buffetrille. 1989

649-676 : Règne de Manglön Mangtsen, petit-fils de Songtsen Gampo. Parce qu’il est trop jeune pour gouverner, le pouvoir est exercé par Gar Tongtsen (590-667), le célèbre ministre de Songtsen Gampo, et sa famille. Ils poursuivent les campagnes expansionnistes de Songtsen Gampo. Pour la première fois, les armées tibétaines pénètrent à l’ouest dans ce qui est aujourd’hui le Turkestan oriental. Elles soumettent également le royaume Asha, au nord-est du plateau tibétain.

676-704 : Règne de Tridu Songtsen. Incursions tibétaines dans le nord-ouest du plateau et en Asie centrale et conflit avec le royaume de Nanzhao (dans le nord de l’actuel Yunnan).

 712-755 : Règne de Tridé Tsugtsen (704-755). Il se marie en 710 avec la princesse chinoise Jincheng (destinée à l’origine à son père Tridu Songtsen) et monte sur le trône en 712. Des classiques historiques chinois et des textes populaires du bouddhisme chinois auraient alors été traduits en tibétain.

742-797(?) : Règne de Trisong Detsen, le deuxième « roi selon la Loi ». Apogée de l’empire. Patronage officiel du bouddhisme par le roi et la cour. Le monarque invite des maîtres indiens tels que Shantarakshita et Padmasambhava. Il est à l’origine de la construction de Samyé, premier monastère bouddhique. Débat entre les tenants du bouddhisme indien qui prônent la voie graduelle pour atteindre l’Éveil et ceux du bouddhisme chinois (chan) pour qui la cessation de toute activité permet d’atteindre aussitôt l’Éveil. Selon la tradition, le bouddhisme indien est vainqueur. Les grands textes du bouddhisme indien sont traduits en tibétain.

 Monastère de Samyé. Katia Buffetrille 1988Monastère de Samyé. ©Katia Buffetrille, 1988

755-763 : Révolte d’An Lushan en Chine qui affaiblit l’empire Tang.

763 : Occupation brève de la capitale chinoise Chang’an (actuelle Xi’an) par les Tibétains.

797 (?)-799 : Règne de Muné Tsenpo, roi très pieux qui institue des fêtes bouddhiques dans plusieurs monastères importants du Tibet central.

799-815 : Règne de Tridé Songtsen Senaleg. Standardisation des procédures de traduction en tibétain des textes indiens et de la terminologie bouddhique dorénavant axée sur les sources sanskrites.

815-838 : Règne de Tri Relpachen, le troisième « roi selon la Loi ».

822 : Signature d’un traité de paix avec la Chine inscrit sur un pilier érigé devant le temple du Jokhang, à Lhasa. Le Tibet et la Chine y sont considérés comme deux États souverains. Le traité définit les frontières et proclame que « Les Tibétains seront heureux au Tibet et les Chinois seront heureux en Chine ».

Les trois « rois selon la Loi » : Songtsen Gampo, Trisong Detsen et Relpachen. ©Katia Buffetrille, Gyantsé 1986Les trois « rois selon la Loi » : Songtsen Gampo, Trisong Detsen et Relpachen. ©Katia Buffetrille, Gyantsé 1986

 

Fin de l’empire tibétain

ca. 842 : Assassinat de Langdarma (r. 838-842), dernier souverain tibétain, accusé par la tradition tibétaine d’avoir persécuté le bouddhisme. Fin de la période de la première diffusion du bouddhisme. Dislocation de l’empire tibétain suite aux querelles intestines et aux revers militaires. Les descendants de Langdarma établissent des fiefs dont le royaume de Gugé à l’ouest du Tibet.

851 : Les Chinois conquièrent l’oasis de Dunhuang — actuel Gansu — où seront découverts, au XXe siècle, de nombreux documents, notamment des textes tibétains peu influencés par le bouddhisme.

960-1279 : Dynastie des Song en Chine

852-970 : Période sur laquelle nous avons peu de documents. Le Tibet entre dans la « période de fragmentation ».

Deuxième diffusion du bouddhisme

Le Tibet connaît un renouveau du bouddhisme à la fin du Xe siècle à partir des frontières est et ouest du plateau tibétain.

c. 950-1685 : Plein essor du royaume de Gugé (Tibet occidental).

958-1055 : Vie de Rinchen Zangpo, grand érudit bouddhiste, originaire de l’ouest du Tibet. Il est envoyé en Inde par le roi Lha Lama Yéshé Ö où il s’initie à la traduction de textes, invite au Tibet maîtres et artisans indiens, et rapporte des textes bouddhiques. Des Tibétains se rendent en Inde pour recevoir des enseignements tel Marpa (1012-1096), le maître de Milarépa (1040-1123). C’est le début de la « Deuxième diffusion du bouddhisme » (chidar). Apparition des premières écoles institutionnalisées du bouddhisme tibétain et construction de monastères.

959-1036 : Vie de Lha Lama Yéshé Ö, roi de Gugé et mécène du bouddhisme.

982-1054 : Vie d’Atisha. Il arrive à Gugé en 1042 et meurt à Nyétang en 1054. Ses enseignements sont à l’origine de l’école des Kadampa.

996 : Fondation du monastère de Tabo (dans l’actuel Himachal Pradesh) et de celui de Toling (Tibet occidental) par Rinchen Zangpo.

1027 : Introduction du tantra du Kalachakra et mise en place d’un nouveau système calendaire basé sur celui-ci.

Fondation du monastère de Shalu par Jetsun Sherab Jungné.

1057 : Fondation de Réting (Tibet central) par Dromtön (1004-1064), disciple principal d’Atisha.

1072 : Fondation du monastère de Sangpu Ne’utok (Tibet central) par Ngo Lekpé Sherab, un disciple d’Atisha. Ce monastère de l’école kadam abritera par la suite des moines appartenant aux traditions géluk et sakya.

1073 : Fondation du monastère de Sakya dans le Tsang par Könchog Gyelpo (1034-1102).

1110-1170 : Vie de Pakmodrupa Dorjé Gyelpo, fondateur de l’ordre pakmodru-kagyü.

1110-1193 : Vie de Düsum Khyenpa Chökyi Dragpa, Ier Karmapa et fondateur de l ’école karma-kagyü.

1121 : Fondation du monastère kagyü Dakla Gampo par Gampopa Sönam Rinchen (1079-1153), disciple de Milarépa.

1143-1217 : Vie de Jigten Sumgön, fondateur du monastère de Drikung Til.

 1158 : Fondation de Densatil au Tibet central par Pakmodrupa Dorjé Gyelpo (1110-1170). Il deviendra le siège de la famille Pakmodru. 

1159 : Fondation du monastère de Katok (Kham) par Dampa Deshek (1122-1192).

Le Tibet du XIIIe au XVIIe siècle

1235-1280 : Vie de Pakpa Lodrö Gyeltsen, neveu de Sakya Pandita, d’obédience sakya.  Il établit une relation de « maître religieux à protecteur laïc » (chöyön) avec le Mongol Khubilaï Khan (1215-1294), futur empereur de Chine et fondateur de la dynastie mongole des Yuan (1276-1368), qui lui confère l’autorité sur les « Trois régions » (Chölkasum). Pakpa crée un alphabet mongol à la demande de Khubilaï.

1240 : Ière invasion mongole par Göden, petit-fils de Gengis Khan, et destruction du monastère de Réting.

1269 : Fondation du monastère de Chone (Amdo) par Pakpa.

1280-1368 : La dynastie mongole des Yuan règne sur un vaste empire dans lequel sont inclus le Tibet et la Chine.

1284-1339 : Vie du IIIe Karmapa, Rangjung Dorjé.

1290-1364 : Vie de Butön Rinchendrub qui joua un rôle important dans les systématisations du canon bouddhique tibétain. Il devient le XIe abbé du monastère de Shalu.

1301 : Construction du monastère de Rongwo Gönchen (Amdo) par le maître sakyapa Sangda Rinchen. Le monastère deviendra géluk en 1630 sous Shar Kelden Gyatso (1607-1677).

1302-1364 : Vie de Changchub Gyeltsen, héritier de la lignée des Pagmodrupa établie à Néudong, au Tibet central. Il vainc les Sakyapa et prend le pouvoir en 1358. Il affranchit le Tibet du pouvoir mongol, alors fortement affaibli.

1357-1419 : Vie de Tsongkapa, fondateur de l’école géluk, à l’origine de la construction du monastère de Ganden en 1409 ainsi que de l’établissement de la Grande prière (Mönlam chenmo) du nouvel an à Lhasa. Ses disciples fondent ensuite Drépung en 1416 et Séra en 1419.

1361 ?-1485 : Vie de Tangtong Gyelpo, tantriste et yogi célèbre et très vénéré, à qui l’on attribue l’invention du théâtre mais aussi un rôle important dans la construction de ponts en fer et dans la médecine.

1368 : Fin de la dynastie mongole des Yuan en Chine.

1368-1644 : Dynastie chinoise des Ming en Chine.

1405 : Fondation du monastère bönpo de Menri (Tsang) par Nyamé Sherab Gyeltsen (1356-1415).

1418 : Le souverain de Chone est reconnu comme chef héréditaire par l’empereur ming Yongle (1360-1424).

1418-1425 : Construction du Pelkor Chödé de Gyantsé par le dirigeant Rabten Künzang Pakpa (1389-1442), centre œcuménique pour les traditions sakya et gelug. Il est aussi à l’origine de la construction du grand stupa, ou Kumbum.

1434 : Les Pakmodrupa perdent leur pouvoir au profit des seigneurs de Rinpung, protecteurs des Karmapa qui, à leur tour, sont renversés en 1565 par les rois du Tsang, soutiens des Karmapa.

1447 : Construction du monastère de Tashilünpo à Shigatsé (Tsang) par Gedün Drup (1391-1474) qui sera reconnu rétroactivement comme le Ier Dalaï-lama.

1498-1565 : Rivalités et conflits entre les écoles géluk et karma et entre les seigneurs locaux de Rinpung et du Tsang.

1560 : Fondation du monastère de Kumbum (Amdo) par le moine Rinchen Tsöndru Gyeltsen.

1567-1662 : Vie de Lobsang Chökyi Gyeltsen, abbé de Tashilünpo. Il reçoit le titre de « Panchen Bogd » de Gushri Khan, alors qu’il a 75 ans. Ses trois incarnations précédentes sont reconnues comme panchen-lama, ce qui conduit à deux énumérations : certains voient en lui le Ier Panchen-lama et d’autres le IVe. Il reçoit du Ve Dalaï-lama, mais aussi de Gushri Khan et de son petit-fils, de nombreuses terres.

1578 : Sönam Gyatso, abbé de Drépung (1543-1588), reçoit le titre de Dalaï-lam-a d’Altan Khan, chef des Mongols Tümed. Ses deux incarnations précédentes sont reconnues rétroactivement comme Ier et IIe dalaï-lama.

1588 : Mort de Sönam Gyatso. Sa réincarnation est trouvée dans la parenté d’Altan Khan.

1589-1616 : Vie de Yönten Gyatso, IVe Dalaï-lama, arrière-petit-fils d’Altan Khan ou de son frère.

1604 : Fondation du monastère géluk de Gönlung Jampaling (Amdo) par Gyelsé Dönyö Chökyi Gyatso sur l’ordre du IVe Dalaï-lama

1612 : Le roi du Tsang, Karma Püntsok Wangyel, prend le pouvoir sur le Tibet central.

Le Ve dalaï-lama et le gouvernement du Ganden Podrang

1617-1682 : Vie de Ngawang Lobsang Gyatso, Ve dalaï-lama, appelé le « Grand Cinquième ».

1629-1631/1634 et 1639 : Trois guerres sont menées contre le Bhoutan par le roi du Tsang, mais sans succès.

1638-1724 : Gushri Khan et ses fils gouvernent la plus grande partie de l’Amdo

1639-1641 : Gushri Khan vainc le roi bönpo du Béri et affirme son autorité sur certaines parties du Kham dont le royaume de Chakla.

Fondation du royaume de Dergé (Kham) par Jampa Püntsok qui a apporté son aide à Gushri Khan et reçoit de nouveaux territoires en remerciements.

1642 : Le Ve Dalaï-lama reçoit des mains de Gushri Khan, chef des Mongols Khoshod, l’autorité spirituelle et temporelle sur les territoires du Tibet central et oriental qu’il a conquis. Par la suite, le hiérarque institutionnalise un système de gouvernement fondé sur l’union de l’autorité spirituelle et du pouvoir temporel et appelé « Ganden Podrang », du nom de son palais abbatial au monastère de Drépung. Construction du Potala (à partir de 1645) qui devient le siège du gouvernement du « Ganden Podrang ».

 Le Potala vu du Jokhang. Katia Buffetrille 1989Le Potala vu du Jokhang. ©Katia Buffetrille, 1989

 1644-1911 : Dynastie mandchoue des Qing en Chine.

 1644 et 1648 : Les armées tibéto-mongoles tentent d’envahir le Bhoutan mais sans succès.

2nde moitié du XVIIe siècle : Construction d’importants monastères au Kham.

1652 : Le roi de Chakla (Kham) se soumet aux Mandchous pour résister à la domination du Ganden Podrang

1652-1653 : Voyage du Ve Dalaï-lama à Pékin où il rencontre l’empereur mandchou Shunzhi (1638-1661).

1656-1657 : Guerre entre le Tibet et le Bhoutan.

1668 : Le général chinois Wu Sangui (1612-1678) cède Gyelthang au gouvernement du Ganden Podrang, entraînant la rébellion des adeptes de l’école karma-kagyü vaincus par les troupes tibéto-mongoles en 1674. Construction du monastère géluk de Ganden Sumtseling en 1679 et transformation de nombreux monastères kagyü en géluk.

Nouvelle guerre entre le Tibet et le Bhoutan.

1675-1676 : Guerre entre le Tibet et le Bhoutan.

1681-1683 : Guerre avec le Ladakh qui, vaincu, est obligé de céder ses territoires orientaux (Rutok, Purang et Gugé) au Ganden Podrang par le traité de 1684.

1682 : Mort du Ve Dalaï-lama. Le régent Sangyé Gyatso garde sa mort secrète jusqu’en 1696 afin de maintenir la stabilité du pouvoir et d’achever la construction du Potala.

Le Tibet après le Ve dalaï-lama

1683-1705 : Vie du VIe dalaï-lama. Grand poète, il est peu intéressé par la vie monastique et la politique.

1705 : Lhazang Khan, petit-fils de Gushri Khan et chef des Mongol Khoshod, veut reprendre à son compte le statut de roi du Tibet que Gushri Khan s’était attribué, mais sans exercer véritablement le pouvoir. En accord avec l’empereur mandchou Kangxi (r. 1662-1723), il attaque Lhasa, tue le régent et enlève le VIe Dalaï-lama qui meurt en route vers Pékin.

1706 : Lhazang Khan tente d’imposer un dalaï-lama de son choix, ce à quoi s’opposent des Tibétains qui s’allient aux Mongols Dzungar.

1707 : 1ere arrivée des missionnaires capucins à Lhasa.

1709 : Fondation du monastère géluk de Labrang en Amdo par le 1er Jamyang Zhépa (1648-1722).

1714 : Guerre entre le Tibet et le Bhoutan.

1716 : Arrivée de missionnaires jésuites et capucins à Lhasa.

1717 : Les Mongols Dzungar tuent Lhazang Khan et s’emparent de Lhasa. Ils pillent et détruisent un certain nombre de monastères nyingma.

1717-1786 : Vie de Chankya Rölpé Dorjé, chapelain de l’empereur Qianlong des Qing (1711-1799).

Protectorat mandchou (c. 1720-1911)

1720 : Les armées de l’empereur mandchou Kangxi (1654-1722) chasse, conjointement avec les forces tibétaines de Kangchené et Polané, les Dzungar du Tibet et installe le VIIe Dalaï-lama (1708-1757) qui n’exerce pas de pouvoir temporel. La dynastie mandchoue instaure un protectorat sur le pays. Une oligarchie de cinq nobles, dirigée par Kangchené exerce l’autorité.

1721 : Fondation de l’imprimerie de Chone (Amdo).

1723-1724 : Rébellion en Amdo des Mongols Khoshod dirigés par Lobsang Danjin et de leurs alliés tibétains, réprimée par les Mandchous. L’Amdo est officiellement intégré à l’empire mandchou.

1727 : Assassinat de Kangchené. Création par les Qing du poste d’amban (représentants de l’empereur mandchou).

1728 : Polané Sönam Topgyel (1689-1747), un noble tibétain laïc, devient le roi du Tibet (1740-1747) avec l’assentiment de l’empereur mandchou et le reste jusqu’à sa mort. Installation d’une garnison mandchoue de 2 000 soldats et de deux représentants (amban) à Lhasa.

1729 : Tenpa Tséring, roi de Dergé, construit l’imprimerie de Dergé.

Imprimerie de Dergé. Katia Buffetrille 1985Imprimerie de Dergé. ©Katia Buffetrille, 2016

1729 et 1732 : Guerres entre le Tibet et le Bhoutan.

1745 : Fin de la mission des Capucins à Lhasa.

1750 : Assassinat de Gyürmé Namgyel, fils et successeur de Polané, par les amban, suivi de l’assassinat de ces derniers par les Tibétains. Réorganisation du gouvernement tibétain par l’empereur mandchou Qianlong (r. 1736-1795). Le VIIe Dalaï-lama est nommé chef religieux et temporel du Tibet mais est assisté par les amban.

1757 : Mort de Kelzang Gyatso, VIIe Dalaï-lama (1708-1757) et nomination d’un régent ecclésiastique assurant l’interrègne jusqu’à l’intronisation du dalaï-lama suivant. Ce système se poursuivra jusque dans les années 1950.

1758-1805 : Vie du VIIIe Dalaï-lama. Il n’exercera pas le pouvoir du fait de sa mort prématurée.

1774-1775 : Mission de George Bogle (1746-1781), envoyé par le gouverneur de la Compagnie britannique des Indes orientales auprès du VIe Panchen‑lama (1738–1780), abbé du monastère de Tashilünpo.

1783 : Mission de Samuel Turner auprès du VIIe Panchen‑lama (1782-1853).

1788 : 1ère invasion des Gurkha du Népal et défaite des Tibétains.

1791 : 2e invasion gurkha et intervention de l’armée mandchoue. Début de la fermeture du Tibet aux étrangers.

1792 : Promulgation de l’« Ordonnance en 29 articles » par l’empereur mandchou Qianlong qui vise à réorganiser les institutions tibétaines. Introduction de l’urne d’or pour le choix des réincarnations importantes par tirage au sort entre plusieurs candidats. En ce qui concerne les deux lignées importantes géluk, seuls les Xe (1816-1837), XIe (1838-1856) et XIIe (1856-1875) Dalaï-lama ainsi que les VIIIe (1855-1882) et IXe Panchen-lama (1883-1937) ont été ainsi tirés au sort.

1799-1865 : Vie de Gönpo Namgyel, chef charismatique originaire de Nyarong qui réussit à unifier entre 1836 et 1861 les trois régions du Nyarong et à saisir les territoires de chefs voisins.

Les Dalaï-lama, IXe (1806-1815), Xe (1816-1837), XIe (1838-1855) et XIIe (1856-1875) meurent avant d’avoir pu exercer le pouvoir. Le pays est alors dirigé par des régents issus de monastères géluk et reconnus par les empereurs mandchous.

1839-1860 : Soumission des Mandchous aux puissances européennes à la suite des deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860).

1841 : L’armée des Dogra commandée par Zorawar Singh lance une attaque à l’ouest du Tibet. Zorawar Singh est capturé et décapité.

1855-1856 : Les Gorkha envahissent des villes frontières tibétaines. L’amban décide de négocier et le traité signé exige non seulement un tribut payé par les Tibétains            aux Népalais, mais aussi le droit pour le Népal d’ouvrir une ambassade à Lhasa et des droits d’extra-territorialité pour les Népalais résidant au Tibet.

1862-1865 : Gönpo Namgyel continue ses conquêtes (dont Dergé, les territoires des cinq chefs Hor, etc.) et contrôle la route de commerce entre le Tibet central et la Chine. Lhasa envoie des troupes ainsi que les Qing, mais ces derniers n’interviennent que lorsque la victoire de Lhasa est imminente.  Gönpo Namgyel est tué.

 

Durant la seconde partie du XIXe siècle, le Tibet est interdit aux étrangers.

 

1876-1933 : Vie du XIIIe Dalaï-lama, Tubten Gyatso.

1883 : Émeutes anti-népalaises à Lhasa.

1888 : 1er conflit frontalier entre Britanniques et Tibétains au Sikkim. Ces derniers sont vaincus. 1ère invasion britannique au Tibet.

1890 : Protectorat britannique sur le Sikkim et signature d’une convention entre les Britanniques et les Mandchous fixant la frontière entre le Sikkim et le Tibet.

1893 : Traité de régulations commerciales entre Britanniques et Mandchous non reconnu par les Tibétains.

1895 : Le XIIIe Dalaï-lama assume le pouvoir.

1896 : Tentative d’assassinat du Dalaï-lama par le régent Démo.

1904 : Expédition britannique conduite par Francis Younghusband. Les troupes britanniques vont jusqu’à Lhasa. Premier exil du Dalaï-lama vers la Mongolie, puis vers la Chine en 1908. La défaite des Tibétains les conduit à signer à Lhasa une convention anglo-tibétaine qui autorise l’installation d’un résident britannique à Lhasa, et l’ouverture de trois agences commerciales : à Dromo (Tibet méridional), Gyantsé (Tibet central) et Gartok (Tibet occidental) et exige le paiement d’une indemnité. Retrait des Britanniques.

1906 : Convention sur le Tibet entre la dynastie mandchoue des Qing et la Grande Bretagne qui ratifie la Convention de Lhasa de 1904.

1907 : Le général mandchou Zhao Erfeng (1845-1911), le « boucher du Kham », occupe de larges parties du Kham oriental où il mène une politique coloniale de sinisation.

Convention anglo-russe dans laquelle les deux parties reconnaissent la suzeraineté de la Chine sur le Tibet.

1908 : Le XIIIe Dalaï-lama, alors en exil, se rend à Pékin où il rencontre l’empereur et l’impératrice qui vont mourir lors de son séjour. Il participe à leurs funérailles. 

1909 : Retour du XIIIe Dalaï-lama à Lhasa. Il s’enfuit l’année suivante devant l’arrivée d’une avant-garde des troupes mandchoues de Zhao Erfeng.

1910 : Second exil du XIIIe Dalaï-lama, cette fois en Inde où il découvre la modernité et réalise qu’il faut moderniser son pays.

1911 : Révolution républicaine en Chine. Chute de la dynastie mandchoue des Qing.

Indépendance de fait (1913-1951)

1912 : Retour du XIIIe Dalaï-lama à Lhasa. La garnison mandchoue se rend et les Tibétains expulsent tous les Chinois présents au Tibet.

1913 : Le XIIIe Dalaï-lama proclame l’indépendance du Tibet, mais ne la fait pas reconnaître par les puissances étrangères. Introduction de la monnaie papier. Envoi de quatre enfants de l’aristocratie en Grande-Bretagne pour recevoir une éducation occidentale. Signature du traité tibéto-mongol dans lequel les deux pays reconnaissent mutuellement leur indépendance (la Mongolie-Extérieure a proclamé son indépendance en 1911).

1914 : Convention de Simla entre la Grande-Bretagne, la Chine et le Tibet ; le traité n’est pas ratifié par la Chine. La frontière sud du Tibet est délimitée par la Ligne McMahon que le gouvernement de la RPC ne reconnaît toujours pas. Quatre régiments de l’armée sont entraînés selon le système britannique et sont dotés du drapeau tibétain. Dans les années qui suivent, le Dalaï-lama crée un service postal, une banque, initie un système de télégraphe, et développe l’agriculture.

1918 : Accord de Rongbatsa (Tibet oriental) après la victoire des troupes tibétaines sur les troupes chinoises. Il délimite la frontière orientale du Tibet avec la Chine.

1920-1921 : Charles A. Bell est envoyé à Lhasa comme « ambassadeur de l’Inde-Britannique ». Cette mission marque l’apogée des relations entre le Tibet et la Grande-Bretagne.

1923 : Fuite du IXe Panchen-lama (1883-1937) en Mongolie puis en Chine en raison de son refus de payer des impôts destinés à financer l’armée. Ouverture d’une école anglaise à Gyantsé qui sera fermée en 1926.

1924 : Construction de la centrale hydro-électrique de Drapchi, près de Lhasa, mise en service en 1927.

Création de la République populaire de Mongolie.

1925-1926 : Le conservatisme du haut-clergé empêche le XIIIe Dalaï-lama de poursuivre la modernisation du pays. L’école anglaise de Gyantsé est fermée.

1928 : Chiang Kai-Shek crée un gouvernement nationaliste à Nankin ainsi que la Commission des affaires tibétaines et mongoles.

1932 : « Testament » du XIIIe Dalaï-lama dans lequel il s’inquiète de la menace qu’un système communiste fait peser sur le bouddhisme en raison des destructions et massacres perpétrés par le Parti populaire révolutionnaire mongol sous la pression des Soviétiques et avec leur concours.

Kelzang Tsering lance le mouvement d’autonomie « Régime khampa pour le Kham » visant à obtenir un pouvoir local fondé sur l’ethnicité.

1933 : Décès du XIIIe Dalaï-lama.

1934 : Réting Rinpoché (1912-1947) est nommé régent. Les Nationalistes envoient une mission de condoléances à Lhasa et deux fonctionnaires chinois restent à Lhasa, mais ils n’ont aucun pouvoir politique. L’aristocrate Lungshar cherche à introduire des réformes donnant plus de pouvoir à l’Assemblée nationale. Il est accusé de complot contre le gouvernement et de tentative d’assassinat contre le ministre Trimön et condamné à être aveuglé.

Début de la Longue marche en octobre.

1935 : Naissance en Amdo de Lhamo Döndrup, futur XIVe Dalaï-lama.

Gara lama Sönam Rabten (1865-1936) lance le 2e mouvement du « Régime khampa pour le Kham ».

1935-1936 : Des soldats de la Longue marche traversent les régions de Ngawa et du Gyelrong. Ils pillent les villages et profanent les édifices religieux, créant des blessures toujours vivantes à ce jour parmi les habitants.

1936-1947 : Installation d’une mission britannique à Lhasa.

1937 : Une mission de recherche reconnaît Lhamo Döndrup comme le XIVe Dalaï-lama. Il reçoit le nom de Tenzin Gyatso.

Mort du IXe Panchen-lama en Chine.

1939 : Le départ du XIVe Dalaï-lama pour Lhasa n’est possible qu’après le paiement d’une forte somme d’argent versée au seigneur de la guerre musulman Ma Bufang qui gouverne le Qinghai.

Un groupe de cinq étudiants Khampa de Batang, avec Bapa Puntsok Wangyel à sa tête, fonde le Parti communiste tibétain. Il a pour but un Tibet indépendant et révolutionnaire, allié mais non soumis aux partis communistes chinois et soviétique (il ne jouera aucun rôle notable par la suite). Un autre mouvement, le Parti progressiste tibétain, basé à Kalimpong, comprend des aristocrates tibétains, d’importants hommes d’affaires khampa, et Gedün Chöphel (1903–1951), religieux d’obédience géluk, non conformiste, savant, poète et artiste. Ce parti vise l’intégration du Tibet dans la République chinoise. Il est démantelé en 1946.

Création de la province du Xikang.

Lancement du 3e mouvement du « Régime khampa pour le Kham ».

1940 : Intronisation du XIVe Dalaï-lama.

1941 : Réting Rinpoche démissionne car sa vie dissolue ne l’autorise pas à conférer les vœux de novice au jeune Dalaï-lama. Il est remplacé par un moine très conservateur Taktra (1874-1952).

1942 : Mission de Ilia Tolstoï et Brooke Dolan à Lhasa, tous deux agents du Bureau des services stratégiques américains (OSS), à Lhasa. Leur but est d’établir un couloir d'approvisionnement d’Inde en Chine via le Tibet pour soutenir l'effort de guerre des Alliés en Chine contre le Japon. Refus du gouvernement tibétain.

1945 : Établissement d’une école anglaise à Lhasa. Elle est fermée après quelques mois sous la pression des religieux conservateurs.

Arrivée à Lhasa de Heinrich Harrer et Peter Aufschnaiter, deux prisonniers de guerre autrichiens qui se sont échappés d’un camp situé à Dehra Dun.

Le gouvernement du Xikang interdit l’opium.

1946 : le Parti progressiste tibétain est démantelé à Kalimpong. Taktra Rinpoché envoie une mission tibétaine de félicitations en Inde à l’occasion de la fin de la seconde guerre mondiale.

1947 : Arrestation de Gedün Chöphel.

Participation d’une délégation tibétaine à la Conférence panasiatique qui se tient à Delhi.

Échec du complot fomenté par Réting Rinpoché contre Taktra Rinpoché et de la révolte des moines du collège de Sera Jé qui le soutiennent. Réting est emprisonné et meurt peu après.

Indépendance de l’Inde. Fin des intérêts britanniques au Tibet. La mission britannique devient mission indienne.

Envoi d’une mission commerciale tibétaine en Inde, Royaume-Uni, États-Unis et Chine. Les émissaires voyagent avec des passeports tibétains.

1949 : Chute du Guomindang. Fermeture de la mission chinoise et expulsion de tous les Chinois résidant au Tibet.

Mao proclame la République populaire de Chine et annonce son intention de « libérer » le Tibet de « l’influence des impérialistes » anglais et américains. Seuls sept Occidentaux sont alors présents au Tibet et aucun Américain.

1950, octobre : Début de l’invasion chinoise. En novembre, le XIVe Dalaï-lama reçoit les pleins pouvoirs comme chef du gouvernement tibétain. L’Armée populaire de libération gagne la bataille de Chamdo (Kham) après un combat beaucoup plus difficile à gagner que ce qui est généralement écrit.

Le Dalaï-lama s’enfuit à Dromo (Yadong). Le gouvernement tibétain fait appel à l’ONU, mais les délégués indiens persuadent l’Assemblée de décaler l’appel.

Le Tibet occupé depuis 1951

1951 : L’Accord en 17 points est signé à Pékin par un groupe de représentants du gouvernement tibétain dirigé par Ngabö Ngawang Jigmé. Il stipule que le Tibet fait partie de la Chine mais s’engage à respecter le système politique et religieux du pays. (Il est utile de mentionner que « Tibet », dans ce cas, recouvre uniquement la zone contrôlée par le Ganden Phodrang. L'Amdo et une partie du Kham (province de Xikang) étaient déjà considérés par les Chinois comme faisant partie de la Chine, peu importe que les zones soient indépendantes de facto ou non).

Retour du Dalaï-lama à Lhasa.

Mort de Gedün Chöphel.

1952 : Création de l’école primaire de Lhasa sous l’égide du gouvernement chinois.

1953 : Le tribut des Tibétains aux Népalais est supprimé.

1953-1985 : Vie de Döndrupgyal, un intellectuel tibétain de l’Amdo, à l’origine de l’écriture poétique libre.

1954 : Voyage du XIVe Dalaï-lama et du Xe Panchen-lama à Pékin pour participer à l’Assemblée nationale populaire chinoise. Rencontre avec Mao Zedong. Signature entre l’Inde et la Chine d’un traité élaborant les « Cinq principes d’une coexistence pacifique ». Ouverture des routes menant de Lhasa au Sichuan et de Lhasa au Qinghai.

1955 : Retour du Dalaï-lama à Lhasa. Dissolution de la province du Xikang et intégration du Kham oriental dans les provinces chinoises du Sichuan et du Yunnan. Création par les Khampa de la « Force volontaire pour la défense du Dharma » qui organise des opérations de guérilla.

1956 : Mise en place du Comité préparatoire de la Région autonome du Tibet (CPRAT) qui a vocation à remplacer le gouvernement tibétain. Le Dalaï-lama et le Panchen-lama se rendent en Inde pour participer aux célébrations du 2500e anniversaire de la naissance du Bouddha (Buddha Jayanti). Le Dalaï-lama hésite à retourner à Lhasa, mais suite à la promesse de Zhou-Enlai qu’aucune réforme ne sera imposée, il rentre. Lancement dans le Kham des « réformes démocratiques » qui consistent en l’élimination des institutions politiques d'avant 1949, la formations de coopératives, la confiscation des terres, les dénonciations, emprisonnements et exécutions des « ennemis de classe », les expropriations des monastères et la « rééducation » politique du reste de la population. Des révoltes éclatent qui sont fortement réprimées. Certaines durent jusqu’en 1958. Fuite de nombreux Khampa à Lhasa.

Début de l’aide de la CIA aux résistants khampa.

1957 : La région tibétaine la plus méridionale du Kham devient la Préfecture autonome tibétaine de Diqing (Dechen), et est intégrée à la province du Yunnan. Ouverture de la route reliant le Xinjiang au Tibet.

1958 : Création dans le Lhoka (Tibet méridional) de l’Armée de résistance (Chushi Gangdruk, « Quatre rivières, six montagnes »), composée essentiellement de Khampa.

L’Amdo se soulève à son tour pour empêcher la collectivisation. Très forte répression à laquelle il faut ajouter les destructions de bâtiments religieux et le retour forcé de la plupart des religieux à la vie laïque. La rébellion ne sera complètement écrasée qu’en 1962. Lancement du « Grand Bond en Avant » (1958-1960). Les communes sont créées en Amdo dès 1958.

1959 : 10 mars, Soulèvement de Lhasa. Le 17 mars, le Dalaï-lama s’enfuit en Inde sous la protection de guerriers khampa de l’Armée de résistance Chushi Gangdruk à laquelle le gouvernement du Ganden Podrang n’a jamais apporté de soutien officiel. Plus de 80 000 Tibétains fuient également. Le 29 mars 1959, le hiérarque dénonce l’Accord en 17 points à Lündzé Dzong et forme un gouvernement provisoire, l’« Administration centrale tibétaine de Sa Sainteté », appelé communément « gouvernement tibétain en exil ». Il l’établit en Inde d’abord à Mussorie, puis à partir de 1960 à Dharamsala, en Himachal Pradesh.

Début des destructions de bâtiments religieux et application des « réformes démocratiques » au Tibet central. Des milliers de Tibétains sont arrêtés, ou envoyés en camp de travail et parfois exécutés.

Zhou Enlai annonce l’abolition de l’ancien gouvernement tibétain. Le Panchen-lama est nommé président du CPRAT.

Première résolution de l’ONU appelant au respect des droits fondamentaux du peuple tibétain et des particularismes tibétains.

1960 : L’Armée de libération populaire réussit finalement à contrôler le Tibet. L’Armée de résistance tibétaine établit une base au Mustang (Népal). Entre 1960 et 1971, le gouvernement népalais ferme les yeux sur les activités des Khampa au Mustang.

1961 : L’ONU adopte une deuxième résolution appelant à la protection des droits de l’homme au Tibet et reconnaissant le droit à l’autodétermination du peuple tibétain.

1962 : Guerre sino-indienne au sujet de la « ligne McMahon » qui a déterminé la frontière lors de la conférence de Simla de 1914 mais que la Chine n’a pas reconnue. Défaite de l’Inde. La question de la frontière entre les deux pays se pose toujours.

Le Xe panchen-lama adresse à Zhou Enlai la « Pétition en 70 000 caractères » dans laquelle il dénonce les exactions commises à l’encontre du peuple tibétain. Il est mis en résidence surveillée et arrêté en 1964, après un discours dans lequel il affirme sa foi dans le Dalaï-lama.  Il ne sera réhabilité qu’en 1978.

Quelques monastères sont autorisés à tenir des assemblées ; des individus sont libérés.

1963 : En exil, à l’instigation du Dalaï-lama, les 46 membres élus du Parlement tibétain en exil élaborent une constitution, fondée sur la doctrine bouddhique et la Déclaration universelle des droits de l’homme.

1964 : Lancement de la « Campagne d’éduction socialiste ». Les monastères ouverts en 1962 sont à nouveau fermés.

1965 : Création de la Région autonome du Tibet (RAT) qui correspond grosso-modo au territoire gouverné par le gouvernement du Ganden Podrang. Pour les Chinois, le terme Tibet renvoie exclusivement à la RAT. Pour les Tibétains, « Tibet » renvoie aux « Trois régions » : Tibet central et occidental et provinces orientales du Kham et de l’Amdo, un territoire de 2.500 000kms2, un quart de la Chine.

Troisième résolution des Nations-Unis renouvelant son « appel à la cessation des toutes les pratiques qui privent le peuple tibétain des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

1966-1970 : « Révolution culturelle » dans la RAT. Les sites religieux étant déjà profanés, tous les vestiges de la culture traditionnelle sont détruits dans une atmosphère de persécution. Interdiction de toute vie monastique et emprisonnement d’un grand nombre de Tibétains (laïcs et religieux). Chaos et combats entre les deux factions de Gardes rouges (Gyenlo et Nyamdré). L’armée restaure l’ordre en 1970.

1967 : Ouverture de la route Lhasa-Dram (Zhangmu).

1969 : Soulèvements des populations dans certaines régions (par exemple, le Tsang, Pelbar ou Ngawa).

1970 : Création du Tibetan Youth Congress, une organisation politique basée à Dharamsala et qui vise l’indépendance du Tibet.

Ouverture de la route Kodari-Katmandou.

1971 : Visite en Chine de Henry Kissinger. La République populaire de Chine entre à l’ONU.

1972 : Visite de Richard Nixon en Chine et fin de l’aide de la CIA à l’Armée de résistance tibétaine (Chushi Gangdruk).

1974 : Les combattants de l’Armée de résistance, basés au Népal, déposent leurs armes.

1976 : Mort de Mao Zedong et fin de la « Révolution culturelle » en Chine.

1978 : Deng Xiaoping (1904-1997) arrive au pouvoir. Lancement des « Quatre modernisations » qui concernent les domaines de l’agriculture, l’industrie, la science et les technologies, et la défense nationale. Début d’une époque de relative libéralisation : reconstruction de monastères, libéralisation de prisonniers tibétains dont un grand nombre d’anciens fonctionnaires du gouvernement traditionnel, de participants au soulèvement de Lhasa ainsi que de Bapa Püntsok Wangyel (qui avait été incarcéré en 1960) et du Xe Panchen-lama qui défendra la cause tibétaine jusqu’à sa mort.

Rencontre entre Gyelo Döndrup, l’un des frères aînés du Dalaï-lama, et Deng Xiaoping qui prononcera alors sa fameuse phrase : « A part l'indépendance, il n'y a rien qui ne puisse être discuté ».

1979 : Visite de la première délégation du gouvernement en exil au Tibet. Ses membres se rendent dans différentes parties du Tibet et sont accueillis partout par des foules de Tibétains réclamant le retour du Dalaï-lama.

Renouveau culturel et religieux

1980 : Mission d’enquête au Tibet de Hu Yaobang (1915-1989), Secrétaire du Parti communiste chinois. Il reconnaît l’échec du PCC et affirme que la politique chinoise au Tibet s'apparente à du colonialisme. Des réformes, décidées par les autorités chinoises et pas toujours adaptées aux besoins des Tibétains, sont engagées sur les plans économiques, culturels et religieux.

Visites de deux autres délégations du gouvernement tibétain en exil.

Création d’un journal littéraire tibétain à Lhasa « Littérature tibétaine » (bod kyi rtsom rig sgyu rtsal).

Fondation du camp monastique de Larung Gar (Kham) par le grand maître nyingmapa Khempo Jigmé Püntsok (1933-2004).

1981 : Rencontre entre Hu Yaobang et Gyelo Döndrup durant laquelle le dirigeant chinois invite le Dalaï-lama à revenir en RPC, promettant qu’il jouira du même statut qu’avant 1959, tout en lui interdisant de résider en RAT.

Création à Xining d’un journal littéraire « Douce pluie » (sbrang char).

1982 : Une délégation du gouvernement tibétain en exil se rend à Pékin. Ses membres sont chargés de demander que les trois régions tibétaines (Tibet central et occidental, Kham et Amdo) soient reconnues comme une seule entité politique et administrative ayant le même statut que Taiwan ou Hong-Kong. Aucun accord n’est trouvé.

Promulgation de la constitution chinoise qui comprend un article affirmant la liberté de religion.

1984 : IIe Forum national du travail sur le Tibet à Pékin. Hu Yaobang annonce l’ouverture de la RAT aux entreprises chinoises et aux migrants chinois ainsi qu’aux touristes étrangers.

1985 : Ouverture à Lhasa de l’université du Tibet et de l’Académie tibétaine des sciences sociales.

La quatrième délégation envoyée par le gouvernement tibétain en exil visite l’Amdo.

1987 : Hu Yaobang est limogé de son poste de Secrétaire du Parti communiste chinois.

Le Dalaï-lama prononce le plan de paix en cinq points pour le Tibet devant la Commission des droits de l’homme du Congrès américain.

Manifestation pro-indépendantiste à Lhasa conduite par des moines. Répression sévère. La police chinoise ouvre le feu ; elle tue et blesse des manifestants.

1988 : 15 juin. Le Dalaï-lama annonce dans un discours au Parlement européen à Strasbourg, qu’il ne revendique plus l’indépendance du Tibet et réclame simplement une réelle autonomie de toutes les zones tibétaines à l’intérieur de la République populaire de Chine, dans le cadre de la constitution chinoise. Refus des autorités chinoises qui répondent en disant que RPC n'acceptera pas "l'indépendance, la semi-indépendance ou l'indépendance déguisée" du Tibet. Beaucoup de Tibétains exilés se sentent trahis par la proposition du Dalaï-lama.

Hu Jintao (1942-) devient Secrétaire du Parti de la RAT.

Manifestations à Lhasa en mars puis en décembre. La police tire à nouveau et de nombreux Tibétains sont arrêtés.

1989 : Janvier : Mort du Xe Panchen-lama au monastère de Tashilünpo, siège traditionnel des panchen-lama.

Mars : Nouvelles manifestations à Lhasa et répression sévère. Hu Jintao instaure le 7 mars la loi martiale dans toute la RAT jusqu’en mai 1990. Fin de la « libéralisation » ; la lutte contre le « séparatisme » devient la priorité absolue.

En décembre, le Dalaï-lama reçoit le prix Nobel de la paix.

Manifestations d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois sur la place Tiananmen à Pékin — mais aussi dans plusieurs autres villes chinoises — qui se terminent par un massacre.

1990 : La loi martiale est levée en mai. Petites manifestations à Lhasa vite réprimées. Le Dalaï-lama est reçu par plusieurs chefs de gouvernement.

1991 : Promulgation de la « Charte des Tibétains en exil » qui est la loi suprême encadrant les fonctions du gouvernement en exil.

Le Dalaï-lama envoie un message aux autorités chinoises via l’ambassade de Chine à New-Delhi, proposant son aide dans la recherche du Panchen-lama. Proposition refusée.

La sous‑commission de l’ONU sur la prévention de la discrimination et la protection des minorités adopte une résolution exprimant son inquiétude sur « La situation du Tibet ». G.H.W. Bush rencontre le Dalaï-lama et signe une loi du Congrès déclarant que le Tibet est un « pays occupé ».

1992 : Le Dalaï‑lama publie les « Lignes directrices pour la politique du Tibet futur et les traits principaux de sa Constitution ». Il y annonce la fin de son pouvoir temporel et l’établissement d’un gouvernement élu démocratiquement ainsi que la dissolution du gouvernement en exil quand le Tibet sera indépendant.

Chen Kuiyuan (1941-) est nommé Secrétaire adjoint du PCC au Tibet puis Secrétaire. Il se fait remarquer par son désir de « Hanisation » de l’administration de la RAT.

Lancement de l’enseignement « bilingue » en Chine.

Proclamation de la République de Mongolie.

1993 : Le Dalaï-lama rencontre Bill Clinton, Président des États-Unis.

Le gouvernement chinois rompt ses relations avec Dharamsala.

Début de construction de barrages sur le Mékong.

1994 : IIIe Forum national du travail sur le Tibet : lancement d’une campagne contre le Dalaï-lama et contre les religieux tibétains au Tibet qui deviennent systématiquement suspects. Passage d’un contrôle modéré de la religion à des restrictions très fortes.

Nouvelle rencontre entre le Dalaï-lama et le Président des États-Unis.

1995 : Le Dalaï-lama annonce la reconnaissance de Gedün Chökyi Nyima comme XIe Panchen-lama. Ce dernier est aussitôt enlevé par les autorités chinoises qui en choisissent un autre, Gyeltsen Norbu, par le biais d'une procédure de loterie, impliquant le tirage de son nom de l'urne d'or. Manifestations à Lhasa.

1996 : Lancement d’une campagne de rééducation patriotique sur cinq ans menée par des équipes envoyées dans chacun des 1 700 monastères de la RAT, campagne qui s’étend ensuite aux écoles et universités.

Lors du 10e Plan quinquennal, le tourisme est déclaré l’un des piliers du développement de la RAT.

1997 : Mort de Deng Xiaoping.

L'administration Clinton annonce son intention de créer un nouveau poste au département d'État, celui de coordinateur spécial pour les questions tibétaines.

1998 : La campagne de rééducation s’étend à l’ensemble du plateau tibétain.

1ère immolation d’un Tibétain, Tubten Ngödrup, à Delhi.

Entre 1998 et 2017, 10 Tibétains s’immolent en exil.

2000 : Le XVIIe Karmapa, Ugyen Trinlé Dorjé, âgé de 14 ans, chef de l’école Karma-Kagyü et reconnu par les autorités chinoises et par le Dalaï-lama s’enfuit du Tibet vers l’inde.

Via l’ambassade de Chine à Delhi, le Dalaï-lama propose aux autorités chinoises d’envoyer une délégation pour des pourparlers. Proposition qui restera sans réponse.

Lancement par les autorités centrales chinoises de la campagne du « Grand développement de l’ouest ». La sédentarisation des nomades, qui a toujours fait partie de la politique chinoise depuis les années 1960, est cette fois fortement encouragée au nom de l’écologie ou du développement.

Recensement dans toute la Chine, dont le Tibet.

2001 : Début de la construction du chemin de fer Lhasa-Golmud. Intégration de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le camp monastique de Larung Gar (Tibet oriental), fondé par Khempo Jigmé Püntsok, connaît ses premières expulsions de religieux et destructions d’habitations monastiques.

Le tourisme est déclaré l’un trois piliers du développement économique du Tibet avec l’exploitation minière et la médecine traditionnelle.

Le comté de Gyelthang, victime de la déforestation, se tourne vers le tourisme et est officiellement renommé comté de Shangrila.

Le Dalaï-lama rencontre G.W. Bush à la Maison Blanche.

Pour la première fois dans l’histoire tibétaine, le Premier ministre (kalön tripa), Samdong Rinpoché, est élu par un vote démocratique des exilés tibétains

2002 : 1ère d’une série de 9 tables rondes entre des envoyés du Dalaï-lama et des membres du Front uni.

Hu Jintao devient Secrétaire général du PCC.

Manifestation à Chensa (Amdo) contre les musulmans chinois (Hui).

Le président Bush signe un projet de loi sur la politique étrangère qui comprend le Tibetan Policy Act.

2003 : 2e table-ronde.

Tibet oriental : Début du mouvement anti-abattage (c’est-à-dire végétarien) initié par Khempo Jigmé Püntsok et mené par des lamas principalement nyingmapa.

La police népalaise conduit les premiers rapatriements forcés en Chine de Tibétains qui tentent de transiter par le Népal pour se réfugier en Inde.

2004 : 3e table-ronde. Publication d’un livre blanc sur « l’autonomie régionale ethnique au Tibet » » qui réfute la proposition du Dalaï-lama de traiter le Tibet comme Hong-Kong ou Macau selon le principe « un pays, deux systèmes ».

Le plan général pour le 1er parc national « zone de la source des trois fleuves » (Sanjiangyuan) au Qinghai est approuvé par le conseil d’État comme le premier d’une longue série de projets similaires, conduisant à l’expulsion de nombreux nomades de leurs pâturages.

Mort de Khempo Jigmé Püntsok (1933-2004), fondateur de Larung Gar.

2005 : Adoption du 11e Plan quinquennal (2006-2010) qui appelle à « l’édification de nouvelles campagnes socialistes ».

4e table-ronde.

Le gouvernement népalais ordonne la fermeture à Katmandou du Bureau de représentation du Dalaï-lama ainsi que du Tibetan Refugee Welfare Office, et se tourne de plus en plus vers la Chine.

Pema Tseten, écrivain et réalisateur, né en Amdo, est à l’origine du premier long métrage tibétain indépendant en langue tibétaine. Il est le premier d’une série de films présentés sur la scène internationale et couronnés de prix.

2006 : 1er juillet : Inauguration de la ligne de chemin de fer Lhasa-Golmud qui va favoriser le transport des minerais vers la Chine continentale, une importante migration han, et un tourisme chinois de masse.  

11e Plan quinquennal en RAT (2006‑2010) et début de la campagne pour des « logements confortables » en RAT. Elle conduit au relogement des villageois dans de « nouveaux villages socialistes » établis le long de la route sous le prétexte d’embellissement et à la sédentarisation des nomades.

6 juillet : Réouverture de la route commerciale entre l’Inde et la Chine par le col de Nathula (Sikkim).

Le 27 septembre, le Dalaï-lama reçoit la médaille d’or du Congrès américain des mains du président George W. Bush à Washington.

Pour la première fois, une vidéo documente la mort d’une jeune nonne tibétaine, tuée par un garde-chinois alors qu’elle cherchait à gagner le Népal, puis l’Inde via le Nangpa la.

De nombreux Tibétains brûlent les peaux de loutre, léopard, et autres animaux après le discours du Dalaï-lama demandant, lors de la cérémonie du Kalachakra en Inde en janvier, qu’ils cessent de porter des vêtements doublés de peaux d'animaux menacés d'extinction.

5e table-ronde.

2e immolation d’un Tibétain à Bengalore (Inde).

Samdong Rinpoché voit son mandat de cinq ans renouvelé par vote.

2007, 15 février : Le Parlement européen adopte une résolution dans le but de faciliter le dialogue entre le gouvernement chinois et le Dalaï-lama.

15 octobre : Ouverture du XVIIe congrès du Parti communiste chinois à Pékin.

Manifestation à Golok (Amdo) contre les musulmans chinois (Hui).

Mise en place des « Mesures de gestion des réincarnations des bouddhas vivants dans le bouddhisme tibétain », publié par l'administration nationale des affaires religieuses de Pékin, exigeant que toute réincarnation ait l’aval officiel des autorités chinoises pour être reconnue.

6e table ronde.

2008 (mars à mai) : Manifestations pacifiques et émeutes contre les politiques chinoises sur l’ensemble du plateau tibétain qui coïncident avec le 50e anniversaire du lancement des « réformes démocratiques » dans le Qinghai, impliquant toute la population, aussi bien laïque que religieuse. La manifestation du 14 mars à Lhasa, montrée en boucle par la télévision chinoise, est dorénavant connue sous le nom de « 3-14 ». La répression est particulièrement sévère. Le nombre de morts est encore inconnu à ce jour. De nombreux Tibétains sont arrêtés et condamnés à de lourdes peines et les religieux comme les laïcs sont soumis à d’intensives séances de rééducation politique.

Coup d’envoi des Jeux olympiques d’été en Chine. Le 8 mai, la flamme est portée en haut de l’Everest.

12 mai : Tremblement de terre de magnitude 7.9 au Sichuan. L’épicentre est situé dans la Préfecture autonome Qiang et tibétaine de Ngawa. Il fait plus de 80 000 morts et disparus et des centaines de milliers de blessés. Des milliers d’établissements scolaires sont détruits du fait de leur construction défectueuse. 

21 juin : La flamme olympique arrive à Lhasa.

La Région autonome du Tibet est fermée au tourisme de mars à juin, fermeture qui deviendra habituelle au moment de dates sensibles.

7e et 8e tables rondes.

2009 : 1ère immolation d’un Tibétain, Tapey, au Tibet, Préfecture autonome Qiang et tibétaine de Ngawa, en réponse à l’interdiction d’une cérémonie en commémoration des morts de 2008 dans son monastère de Kirti.

2009-2019 : Immolations de 156 Tibétains au Tibet (en grande majorité en Amdo et au Kham)

28 mars : Instauration par les autorités chinoises de la « Journée d’émancipation des serfs », le jour qui marque le 50e anniversaire du lancement des « réformes démocratiques » dans la RAT.

Nombreuses actions pacifiques pour protester contre les politiques chinoises.

Mort le 23 décembre de Ngapö Nawang Jigmé, membre du gouvernement tibétain traditionnel et l’un des signataires de l’Accord en 17 points. Il s’était rallié au gouvernement chinois et a occupé diverses hautes fonctions politiques dans la RAT.

2010 : Manifestations pacifiques dans des villes de l’Amdo pour la préservation de la langue tibétaine dans l’éducation. Protestations pour la préservation de l’environnement dans certains lieux de la RAT, du Kham et de l’Amdo. Refus de nombreux Tibétains sur l’ensemble du plateau de fêter le nouvel an en signe de deuil pour les morts de 2008.

Les arrestations de Karma Samdrup, écologiste et philanthrope tibétain de premier plan, condamné à quinze ans de prison et de Dorje Tashi, l’un des hommes d’affaires les plus riches de la RAT, condamné à la prison à vie pour avoir aidé des groupes exilés, montrent que plus personne n’est à l’abri de la répression.

Le 14 avril, un séisme de magnitude 6.9/7.1 frappe la région de Jyekundo entraînant la mort de plus de 2 600 personnes et environ 100 000 sans abris.

Recensement dans toute la Chine, dont le Tibet

L’influence chinoise au Népal impacte de plus en plus les réfugiés tibétains.

Rencontre entre le Président Barack Obama et le Dalaï-lama.

9e et dernière table ronde.

2011 : Chen Quanguo est nommé Secrétaire du Parti de la Région autonome. Il reste en poste jusqu’en 2016, date à laquelle il est envoyé au Xinjiang. Il établit des réseaux de surveillance à l’aide des nouvelles technologies ainsi que de multiples postes de police, et envoie des cadres du Parti dans les villages et les monastères. Les campagnes visent « les masses » et non plus simplement les nonnes et moines. Promulgation de lois répressives contre la langue tibétaine et la religion qui doit « s’adapter à la société socialiste ».

Zhang Qingli, ancien secrétaire du Parti de la RAT lance « une lutte à mort contre la clique du Dalaï-lama » et décrit le Parti comme le « vrai Bouddha » des Tibétains.

10 mars : le Dalaï-lama, en se retirant de la vie politique et en transférant son autorité à un dirigeant élu, met fin au système politique du Ganden Podrang inauguré par le Ve Dalaï-lama au XVIIe siècle. Le « gouvernement en exil », dont la devise était « Le Gouvernement tibétain, palais de la félicité, victorieux dans toutes les directions » (Bod gzhung dga’ ldan pho brang phyogs las rnam rgyal), change pour « Que la vérité triomphe » (bden pa ni rnam par rgyal gyur cig).

Lobsang Senggé, juriste diplômé de Harvard, est élu Premier ministre.

12 Tibétains s’immolent au Tibet et 2 en exil (Inde et Népal)

2012 : Xi Jinping (1953-) est nommé secrétaire général du Parti communiste chinois et président de la Commission militaire centrale de la Chine.

Les officiels chinois reconnaissent l’importance du Dalaï-lama pour les Tibétains et lancent une « campagne d’éducation juridique » dans tous les monastères de la RAT.

Limitations des voyages des Tibétains entre la RAT et les provinces tibétophones du Kham et de l’Amdo (quatre permis sont nécessaires). Restrictions de passeport surtout dans la RAT.

À leur retour de Bodh Gaya, 2 à 3 000 Tibétains qui ont assisté au Kalachakra sont arrêtés et détenus durant deux mois pour être « rééduqués ». Cela marquera la fin de la participation des Tibétains du Tibet à des cérémonies religieuses en Inde.  

Lancement d’une campagne visant à siniser et contrôler encore plus les monastères tibétains de tout le plateau (« Neuf éléments indispensables ») et d’un règlement destiné aux cadres en poste dans les monastères (« Les Six »). Contrôle renforcé d’internet et des réseaux sociaux avec une censure de plus en plus stricte.

Manifestations dans la RAT (comté de Driru, dans la préfecture de Nagchu), pour la préservation de la langue et de la culture tibétaines et nombreuses arrestations. Manifestations dans le Kham (Drango, Kardze, Serta). Violente répression et sentences très lourdes. Début des protestations solitaires en Amdo (Ngawa).

Sous prétexte de modernisation, les commerçants tibétains sont chassés du Barkor et remplacés par des Han.

84 Tibétains s’immolent en 2012, dont 2 Tibétains de l’Amdo devant le Jokhang le 27 mai. Début des condamnations par association qui frappent parents et amis des immolés.

1 immolation en exil (Inde)

2013 : Xi Jinping est nommé aussi Président de la République populaire de Chine et promeut « Le rêve chinois ».

Début d’un mouvement de protestations de petite ampleur, souvent dans des villages, petites villes ou cantons ruraux, concernant l’exploitation minière, l’environnement, la religion, etc. Surveillance accrue des villageois. Arrestations et sanctions lourdes pour les leaders laïcs et religieux.

En exil, le 10 mars, jour du soulèvement de Lhasa, devient aussi le jour des martyrs tibétains.

27 Tibétains s’immolent au Tibet et 2 en exil.

2014 : Le Département du travail du Front uni est chargé de toutes les questions religieuses et ethniques. Poursuite des déplacements des nomades tibétains, de la répression religieuse et des attaques contre la langue tibétaine.

Mise en service du 1er barrage sur le cours moyen du Brahmapoutre. Protestations contre l’exploitation minière en divers lieux du plateau tibétain tels que le comté de Sangchu (Amdo), Kham Kardze, et Chamdo dans la RAT.

Mort de Bapa Püntsok Wangyel.

11 immolations au Tibet.

2015 : Début de la construction du chemin de fer entre Lhasa et Nyingchi, 3e section de la liaison ferroviaire Chengdu-Lhasa.

La campagne d’envoi de cadres du Parti dans les villages de la RAT qui devait durer 3 ans devient permanente.

Interdiction d’associations pour la défense de la langue, de l’éducation ou de l’environnement. Mort de Tenzin Gelek Rinpoché, connu pour ses œuvres caritatives. Arrêté en 2002, condamné à mort, puis en prison à vie pour « terrorisme et incitation au séparatisme ». Manifestations à Chengdu, près de la prison et arrestations.

8 immolations au Tibet (dont une connue seulement en janvier 2021) et deux en exil (Népal)

2016 : L’impératif de sinisation de la religion est introduit par Xi Jinping lors de la Conférence nationale sur le travail religieux. La campagne sur le « maintien de la stabilité » s’intensifie et de nombreuses activités sociales, culturelles et environnementales auparavant considérées comme inoffensives deviennent l’objet de la répression de l’État.

Arrestation de Tashi Wangchuk, commerçant de Jyekundo qui, en 2015, se rend à Beijing pour défendre la préservation et la transmission de la langue tibétaine auprès des autorités chinoises et accepte que son action soit filmée par le New York Times.

Publication en Chine d’une liste de 870 réincarnations reconnues par le PCC : le Dalaï-lama n’y figure pas.

Expulsion d’un grand nombre de nonnes et de moines du camp monastique de Larung Gar, pour atteindre le chiffre de 5 000 (contre plusieurs dizaines de milliers) et destructions très importantes. De nombreux religieux sont envoyés en rééducation patriotique.

3 immolations au Tibet. 1 en exil (Inde).

2017 : XIXe Congrès du Parti qui approuve l’inclusion de la « pensée de Xi Jinping » dans la constitution. Affirmation d’une politique plus dure pour le Tibet pour préserver la stabilité et lutter contre le séparatisme. Accent est mis sur la sinisation de toutes les religions et donc du bouddhisme tibétain, une religion « née dans la Chine ancienne », selon un membre du Front uni. Nouvelles règles exprimées dans un langage opaque qui permet aux autorités du PCC de définir les contraventions aux règlements spécifiques en fonction de son agenda : l’extrémisme est mis sur le même plan que la religion.

Interdiction est faite aux Tibétains de se rendre à Bodh Gaya pour le Kalachakra.

Incident entre l’armée indienne et l’APL sur le plateau de Doklam, un corridor entre le Bhoutan et le Sikkim.

Expulsion d’un grand nombre de nonnes du camp monastique de Yachen (Kham). Elles sont envoyées en rééducation patriotique et destruction de la moitié du camp.

6 immolations au Tibet, 2 en exil (Inde).

2018 : La réforme de la constitution permet à Xi Jinping de rester au pouvoir indéfiniment après ses 2 mandats. Le Département du travail du Front uni a un contrôle direct sur toutes les religions dont le bouddhisme tibétain.

Lancement de la politique des « Quatre principes » qui demande aux religieux d’être loyaux au Parti et d’en devenir des propagandistes. Criminalisation de toute manifestation d’intérêt pour la culture, la religion et la langue tibétaines, le Dalai-Lama, et bien évidemment l’indépendance, etc, qualifiée de « séparatisme ». Tashi Wangchuk est condamné à cinq ans de prison pour son action en faveur de la défense de l’enseignement de la langue tibétaine. Étudiants et membres du Parti sont interdits de festivals religieux. Protestations de petite ampleur et arrestations se poursuivent.

Mise en service du chemin de fer entre Chengdu et Ya’an, 1ère section de la ligne Chengdu-Lhasa.

Le 20 décembre, le président américain Donald Trump signe « la loi de 2018 sur l'accès réciproque au Tibet », dont le but est de permettre aux Tibétains de retourner dans leur pays ou aux autorités chinoises qui les en empêchent de faire face à des sanctions.

3 immolations au Tibet.

2019 : Le Congrès américain adopte un projet de loi sur l’accès réciproque au Tibet.

Poursuite des attaques contre la langue, la religion et le Dalaï-lama. Des milliers de nonnes sont chassées de Yachen

Les universités « des nationalités » cessent leur enseignement en langue tibétaine.

1 immolation au Tibet.

2020 : 7e Forum du travail sur le Tibet qui annonce un durcissement du régime pour les Tibétains en Chine avec l'accent mis sur la construction du Parti et l'intégration d'un plus grand nombre de Tibétains dans le PCC, l’éducation patriotique des nonnes et moines, les campagnes contre le séparatisme et l’influence du Dalaï-lama et un renforcement de « l’unité nationale ». Lancement d’un programme idéologique de trois ans ciblant nonnes et moines entre 18 et 50 ans.

La crise de la Covid 19 est utilisée par les autorités chinoises pour poursuivre leurs politiques d’assimilation et de répression, et fermer temples et monastères. Les différentes sources, officielles chinoises ou occidentales, fort incomplètes et peu précises, donnent un nombre très faible de malades et ne précisent jamais si le malade est Tibétain ou Chinois Han.

Le mandarin est dorénavant obligatoire même au jardin d’enfants dans la RAT.

Début de la construction du chemin de fer entre Ya’an et Nyingtri, 2e section de la liaison ferroviaire Chengdu-Lhasa.

Lancement d’un nouveau recensement.

L’Inde interdit de nombreuses applications chinoises dont Wechat, rendant ainsi encore plus difficiles les relations entre exilés et Tibétains du Tibet.

Conflit entre soldats chinois et indiens dans la vallée de Galwan, près du Ladakh. Morts des deux côtés.

GLOSSAIRE

Amdo................................................................. A mdo

Asha .................................................................. ’A zha

Atisha................................................................ A ti śa

Bapa Puntsok Wangyel   ................................... ’Ba’ pa phun tshogs dbang rgyal

Béri  .................................................................. Be ri

Butön Rinchendrub  ......................................... Bu ston Rin chen grub

Chakla ...............................................................  Lcags la

Chamdo  ........................................................... Chab mdo

Changchub Gyeltsen   ....................................... Byang chub rgyal mtshan

Chankya Rölpé Dorjé  ....................................... lCang skya rol pa’i rdo rje Jamyang Zhépa

Chensa .............................................................. Gcan tsha

Chidar  .............................................................. phyi dar

Chölkasum ........................................................ Chol kha gsum

   

Chone  .............................................................. Co ne

Chuzhi Gangdruk.............................................. Chu bzhi gangs drug

Dampa Deshek ................................................. Dam pa bde gshegs

Démo................................................................. De mo

Densatil  ........................................................... Gdan sa mthil

Dergé   .............................................................. Sde dge

Döndrupgyel..................................................... Don grub rgyal

Dorjé Gyelpo  ................................................... Rdo rje rgyal po

Dorje Tashi  ...................................................... Rdo rje bkra shis

Dram  ................................................................ ’Gram

Drapchi                                                                  Grwa bzhi

Drépung ............................................................ ’Bras spungs

Drikung til  ........................................................ ’Bri gung mthil

Dromo  ............................................................. Gro mo

Dromtön  .......................................................... ’Brom ston

Düsum Khyenpa Chökyi Dragpa ....................... Dus gsum mkhyen pa Chos kyi grags pa

Ganden  ............................................................ Dga’ ldan

Ganden Podrang  ............................................. Dga’ ldan pho brang

Ganden Sumtseling  ......................................... Dga’ ldan Sum rtse gling

Gar Tongtsen.................................................... Mgar stong btsan

Gartok   ............................................................. Sgar thog

Gedün Chökyi Nyima  ....................................... Dge 'dun chos kyi nyi ma

Gedün Chöphel................................................. Dge ’dun chos ’phel

Gedün Drup....................................................... Dge ’dun ’grub

Géluk(pa).......................................................... dge lugs

Gönlung Jampaling........................................... Dgon lung byams pa gling

Gönpo Namgyel................................................ Mgon po rnam rgyal

Gugé ................................................................. Gu ge

Gyelo Döndrup.................................................. Rgyal lo don ’grub

Gyelrong............................................................ Rgyal rong

Gyantsé............................................................. Rgyal rtse

Gyelsé dönyö chökyi Gyatso  ........................... Rgyal sras don yod Chos kyi rgya mtsho

Gyelthang  ........................................................ Rgyal thang

Gyeltsen Norbu ................................................ Rgyal mtshan nor bu

Gyenlo............................................................... Gyen log

Gyürmé Namgyel.............................................. ’Gyur med rnam rgyal

Jampa Püntsok.................................................. Byams pa phun tshogs

Jamyang Zhépa................................................. ’Jam dbyangs bzhad pa

Jetsun Sherab Jungné....................................... Lce btsun Shes rab ’byung gnas

Jigten Sumgön .................................................. 'Jig rten gsum mgon

Jokhang  ........................................................... Jo khang

Jyekundo    ........................................................ Skye dgu mdo

Kadam(pa)  ....................................................... Bka’ gdams pa

Karma Püntsok Wangyel .................................. Karma Phun tshogs dbang rgyal

Kagyü ................................................................ Bka’ brgyud

Kalachakra ........................................................ Dus ’khor

kalön tripa   ......................................................  Bka’ blon khri pa

Kangchené  ....................................................... Khang chen nas

Karmapa  .......................................................... Karma pa

Karma Samdrup  ............................................... Karma Bsam grub

Katok ................................................................ Kaḥ thog

Kelzang Gyatso ................................................. Skal bzang rgya mtsho

Kelzang Tsering ................................................. Skal bzang tshe ring

Kham ................................................................ Khams

Khempo Jigme Püntsok .................................... mkhan po ’Jigs med phun tshogs

Kirti ................................................................... Kīr ti

Könchog Gyeltsen  ........................................... Dkon mchog rgyal mtshan

Kumbum  .......................................................... Sku ‘bum

Labrang   ........................................................... Bla brang

Langdarma ........................................................ Glang dar ma

Larung gar  ........................................................ Bla rung sgar

Lhalama Yéshé Ö .............................................. Lha bla ma ye shes ’od

Lhamo Döndrup ............................................... Lha mo don grub

Lhasa ................................................................. Lha sa

Lhoka  ............................................................... Lho kha

Lobsang Chökyi Gyeltsen.................................. Blo bzang chos kyi rgyal mtshan 

Lobsang Danjin.................................................. Blo bzang bstan ’dzin

Lobsang Senggé................................................. Blo bzang seng gé

Lungshar............................................................ Lung shar

Lundzé Dzong.................................................... Lhun rtse rdzong

Manglön Mangtsen .......................................... Mang slong mang brtsan

Marpa  .............................................................. Mar pa

Menri................................................................. Sman ri

Milarépa   ......................................................... Mi la ras pa

Muné Tsenpo  .................................................. Mu ne btsan po

Naktsang Nülo  ................................................. Nags tshang nus blo

Nangpa la ......................................................... Nang pa la

Néudong  .......................................................... Sne’u  gdong

ngadar  ............................................................. snga dar

Ngapö Nawang Jigmé  ...................................... Nga phod Ngag dbang ’Jigs med

Ngawa  .............................................................. Nga ba

Ngawang Lobsang Gyatso  ............................... Ngag dbang blo bzang rgya mtsho

Ngo Lekpé Sherab............................................. Rngog legs pa’i shes rab

Nyamdré........................................................... Mnyam ’brel

Nyamé Sherab Gyeltsen  .................................. Mnyan med Shes rab rgyal mtshan

Nyarong  ........................................................... Nyag rong

Nyétang  ........................................................... Snye thang

Nyingtri  ............................................................ Nyang khri

Nyingma(pa)..................................................... Rnying ma (pa)

Pakmodru(pa)  ................................................. Phag mo gru (pa)

Pakpa Lodrö Gyeltsen  ..................................... ’Phags pa Blo gros rgyal mtshan

Pelbar   .............................................................. Dpal ’bar

Pelkor Chödé..................................................... Dpal ’khor chos sde

Pema Tseten..................................................... Pad ma tshe brtan

Polané Sönam Topgyel  .................................... Pho lha nas Bsod nams stob rgyal

Purang  ............................................................. Spu hrang

Rabten Künzang Pakpa                                        Rab brtan kun bzang ’phags pa

Ramoché ........................................................... Ra mo che

Rangjung Dorjé   ............................................... Rang byung rdo rje

Réting  .............................................................. Rwa sgrengs

Réting Rinpoché  .............................................. Rwa sgrengs rin po che

Rinchen Zangpo ................................................ Rin chen bzang po

Rinchen Tsöndru Gyeltsen  .............................. Rin chen brtson ’grus rgyal mtshan

Rinpung  ........................................................... Rin spungs

Rongbatsa  ....................................................... Rong ba rtse

Rongwo Gönchen   ........................................... Rong bo dgon chen

Rutok  ............................................................... Ru thog

Sakya ................................................................  Sa skya

Sakya Pandita ................................................... Sa skya paṇḍī ta

Sangyé Gyatso  ................................................. Sangs rgyas rgya mtsho

Samdong Rinpoché  ......................................... Zam gdong rin po che

Samyé ............................................................... Bsam yas

Sangpu Né’utok................................................. Gsang phu Ne’u thog

Séra ................................................................... Se ra

Shalu................................................................. Zha lu

Shar Kelden Gyatso .......................................... Shar Skal ldan rgya mtsho

Shigatsé  ........................................................... Gzhis ka rtse

Sönam Gyatso .................................................. Bsod nams rgya mtsho

Songtsen Gampo............................................... Srong btsan sgam po

Taktra  .............................................................. Stag sgra

Tangtong Gyelpo............................................... Thang stong rgyal po

Tapey  ............................................................... Bkra bhe

Tashilünpo   ...................................................... Bkra shis lhun po

Tashi Wangchuk ............................................... Bkra shis dbang phyug

Tenpa Tséring   ................................................. Bstan pa tshe ring

Tenzin Gelek Rinpoché ..................................... Bstan 'dzin dge legs rin po che

Tenzin Gyatso  .................................................. Bstan ’dzin rgya mtsho

Tubten Gyatso  ................................................. Thub bstan rgya mtsho

Tubten Ngödrup  .............................................. Thub bstan

Toling  ............................................................... Mtho  lding

Tridé Songtsen Senaleg .................................... Khri lde srong btsan Sad na legs

Tridé Tsugtsen .................................................. Khri lde gtsug btsan

Tridu Songtsen ................................................. Khri ’dus srong btsan

Trimön............................................................... Khri smon

Tri Relpachen ................................................... Khri Ral pa can

Trisong Detsen ................................................. Khri srong lde btsan

Tsang  ............................................................... Gtsang

Tsongkapa  ....................................................... Tsong kha pa

Ugyen Trinlé Dorjé ........................................... O rgyan ’Phrin las rdo rje

Ütsang .............................................................. Dbus Gtsang

Yachen............................................................... Ya chen

Yönten Gyatso.................................................. Yon tan rgya mtsho

Zhang Zhung  .................................................... Zhang Zhung

 

Altan Khan                                                                 Altan Qan

Bogd                                                                           Boγda

Goden                                                                        Köden

Gushri Khan                                                               Gušri Qan

Khubilai Khan                                                            Qubilai Qan 

 

REMERCIEMENTS

Je voudrais adresser tous mes remerciements à Matthew Akester, Rémi Chaix, Isabelle Henrion-Dourcy, Samten G. Karmay et Fernand Meyer pour leur relecture et leurs commentaires.

Toutes les erreurs restantes sont de ma seule responsabilité.

 

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